Association des Amis de Théo Varlet. 2ème partie

1ère partie…

Souscriptions et collecte de fonds.
Une première liste de souscriptions apparait publiée au journal Comœdia du 15 décembre 1934. Cent vingt-six noms y figurent, parmi eux les promoteurs des Amis de Théo Varlet, des maisons d’édition (Albin-Michel) et des revues (Le Littoral Magazine, Poésie). Les modestes contributions apportées par des individus anonymes ou totalement inconnus joignent celles plus importantes de personnages tel qu’Archer-M. Huntington (500 francs) voire considérables, comme les 1,500 francs dont fait don La Maison de la poésie. En tout, 14,239 francs viendront soulager l’état de détresse dans lequel se trouve soumis Théo Varlet.

Les mots de remerciement de celui-ci ne se font pas attendre:

«Les malades ne reconduisent point», dit l’imaginaire de Molière, mais un vrai malade, tel que le poète Théo Varlet, ne se croit pas dispensé par son douloureux état de santé d’envoyer son vif remerciement et ses meilleurs vœux de nouvelle année à tous ses amis connus et inconnus. ”(9)

Une deuxième liste est divulguée par le même périodique le 16 mars 1935. Elle est précédée de ces quelques mots cherchant à encourager les adhésions :

“La deuxième liste de souscription pour le poète Théo Varlet”. Paris: Comœdia. Jean de Rovera directeur. 29e année, Nº 8071. 16 mars 1935: 4.En insérant aujourd’hui la seconde liste, nous adressons le plus pressant appel à tous ceux: écrivains, artistes, lecteurs et amis de la poésie, qui n’ont pas encore envoyé leur souscription … ”(10)

Suit la relation de non moins d’une cinquantaine de donateurs parmi lesquels le nom de Rudyard Kipling, dont Varlet a traduit quelques ouvrages, ne serait pas passé inaperçu. J.-H. Rosny Ainé, Saint-Pol Roux, Albert Mockel et Valéry Larbaud en font aussi partie.

Le mouvement va de cette façon prendre de l’ampleur progressivement. Tel que Félix Lagalaure le précise, “la propagande a revêtu des formes diverses: fêtes, banquets, expositions, tombolas, éditions de livres, soirées récréatives…”(11). Ainsi, lors du XIIème Salon des Poètes de Nice, célébré sous le patronage de la Société des Poètes Français, sa fondatrice Mlle Théo Martin “présenta Théo Varlet (…) en des phrases éloquentes (…). Peintures et livres furent tirés au sort, et, dans les plateaux tendus pour Théo Varlet, tombèrent les généreuses offrandes”(12). Une jolie somme de 750 francs sera ramassée et “envoyée au poète, qui, en sa retraite douloureuse de Cassis, saura que les créateurs de beauté ne sont jamais des oubliés!”(13)

D’autres activités de collecte de fonds vont avoir lieu de la même façon durant les mois à venir. C’est le cas de la première édition des “Dîners de la dîme fraternelle, fondé par Octave Charpentier”(14), ou de la soirée littéraire et de solidarité confraternelle organisée par Louise-Constance Meunier, chez René Debresse, le 14 mars 1935(15).

Théo Varlet est aussi désigné l’un des bénéficiaires de la Fondation Franklin Grout en juillet 1935 (16). Il va se voir également attribué le prix littéraire Petit-Bourg en décembre de la même année (17). Ces distinctions, toutes les deux accordées par la Société des Gens de Lettres, constituent, d’une certaine façon, un soutient pécuniaire déguisé. Il est aisé de deviner, derrière tels gestes, la bienveillance de quelques-uns de ses membres dont certains devaient sans doute se compter parmi ses sympathisants.

Expansion, internationalisation, et pérennité.
Après avoir pris de l’expansion en France, et avoir ressui à capter l’appui de quelques personnalités étrangères dans le but de montrer les mérites de l’ouvre de Théo Varlet, l’Association va se développer à l‘internationale. C’est de cette façon que, vers la fin 1937-début 1938, Les Amis de Théo Varlet désigne “le comité de la «section belge» et (appelle) Georges Marlow à la présidence”(18). De l’avis de Marcel Angenot, “ce groupe confraternel, dans lequel on est heureux de voir figurer des noms de jeunes gens qui ne devaient pas être nés à l’époque où Varlet habita la Belgique, justifie l’appel que le comité français fait aux amis présents, passés et futures du savant poète… ”.(19)

Signature de Fabrizio Colamussi. Lettre à Jean Royère. Lecce, 8-IV-1932.

Dans une stratégie d’internationalisation similaire, “alla fine degli anni trenta” Fabrizio Colamussi(20), poète et homme de lettres italien, “era stato nominato Vice Presidente del Comitato internazionale per Théo Varlet, che aveva sede a Parigi, e con il quale, peraltro, ha inttratenuto una rica corrispondenza epistolare ». (21)

Il est de même en Angleterre, pays où Malcolm Shaw McLaren, pour qui l’œuvre de Théo Varlet est presque devenue une religion et sa personne l’objet de sa plus profonde admiration, va prendre en charge une campagne de diffusion durant laquelle il ne va pas se permettre que peu de répit. Conférences, soirées poétiques, cours, articles dans la presse, traductions de quelques poèmes… il emploiera tous les moyens à sa disposition afin de faire rayonner la figure de celui dont il se considère le disciple.

3ème partie…

9- “Gentillesse de poète”. Paris: Comœdia. Jean de Rovera directeur. 29e année, Nº 8007. 11 janvier 1935:3.
10- “La deuxième liste de souscription pour le poète Théo Varlet”. Paris: Comœdia. Jean de Rovera directeur. 29e année, Nº 8071. 16 mars 1935: 4.
11- Lagalaure, Félix. Théo Varlet (1978-1938). Sa vie – Son œuvre. Paris: L’Amitié par le livre, 1939: 24.
12- “Le Salon des Poètes de Nice envoie 750 francs à la souscription Théo Varlet”. Paris: Comœdia. Jean de Rovera directeur. 29e année, Nº 8024. 7 fevrier 1935: 3.
13- Ibid.
14- “À la table des Muses”. Paris: Comœdia. Jean de Rovera directeur. 30e année, Nº 8398. 6 février 1936: 3.
15- “Petit courrier littéraire”. Paris: Comœdia. Jean de Rovera directeur. 30e année, Nº 8431. 10 mars 1936: 3.
16- “A la Société des Gens de Lettres”. Paris: Le Journal. Nº 15599, 3 juillet 1935:7
17- “Les prix la Société des gens de lettres”. Paris: Le Journal. Nº 15774, 25 décembre 1935:7
18- Angenot, Marcel. “Une visite à Théo Varlet”. Paris: Mercure de France. Georges Duhamel directeur. Nº 951, 49e année, T. CCLXXXI. 1er février 1938: 657, 658.
19- Ibid,
20- Fabrizio Colamussi: Dramaturge et poète italien né à Piazza Armerina, Enna, en 1889, et mort à Lecce en 1955. Profondément attiré par la culture européenne, tout particulièrement par la littérature française de l’époque, il entreprend la transposition en langue italienne d’un certain nombre de compositions en vers et en prose de plusieurs de ses confrères français contemporains dont Théo Varlet, avec qui il partage le même esprit pacifiste et de confraternité. Ces traductions vont être principalement publiées dans la revue napolitaine Fantasma. Il est l’auteur de quelques pièces dramatiques parmi lesquelles on distingue Lo spirito della pietà, Elisabetta d’Austria, Il faro della latinitá et La Fontana di Arethusa.
21- Proto, Mario. “Fabrizio Colamussi. Un intellecttuale européo vissuto al sud”. Fabrizio Colamussi letterato e poeta salentino. Atti del seminario di Studi. Lecce 23 ottobre 1999. Lecce: Edisioni Milella, 2001: 127.

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